Manchester 1976 : le concert des Sex Pistols qui changea le monde ! · Vinyl Factory
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Manchester 1976 : le concert des Sex Pistols qui changea le monde !

Par , le 27 juin 2018

L’importance d’un concert se juge-t-elle au nombre de spectateurs présent ? Pas s’il on en croit l’influence qu’aura la nuit du 4 juin 1976 sur l’histoire de la musique.

Contre-culture cherche renouvellement

On est 7 ans après Woodstock, le festival qui marquait le sommet de la culture hippie. A la radio Anglaise, le rock progressif est partout. Pink Floyd a sorti un an auparavant “Wish You Were Here”: un album au son toujours plus expérimental, produit à l’extrême, où les chansons peuvent allègrement dépasser les 10 minutes !

Fini le hippie contestataire, oublié le « Summer of love » : « Peace & Love » n’est plus qu’un slogan publicitaire. Les 30 glorieuses sont mortes, et une certaine innocence avec elle.
Plutôt que d’exprimer ses désirs et sa soif de liberté, la jeunesse veut exprimer sa rage et son désespoir.

Une ambiance dans laquelle va naître le mouvement punk.

Un mouvement contestataire qui rejette l’autorité, recherche la provocation à tout prix, érige la spontanéité en philosophie.
De part et d’autre de l’Atlantique, des groupes se forment et se produisent un peu partout : dans des caves, des rades miteux, des garages… Des lieux d’expérimentation : on veut revenir à un rock plus simple, moins pompeux, plus populaire : chacun peut créer son groupe, pas besoin de d’avoir un talent fou, ni d’expérience. Le management des artistes comme des concerts (en tout cas au départ) est erratique.

La qualité prime sur la quantité

C’est dans cette ambiance qu’un groupe qui commence à faire parler de lui organise un concert à Manchester le 4 juin 1976 : les Sex Pistols.

Le lieu : Lesser Free Trade Hall.

Nombre de spectateurs : 100 selon les organisateurs, 40 selon la police.

C’est peu, non ?

Sauf que, parmi ces 40 personnes (oui, on va partir du principe que ce chiffre est le bon), à peu près toutes vont avoir une influence majeure sur l’histoire de la musique.
4 dizaines de jeunes gens vont se prendre une claque comme ils n’en ont jamais connu, avoir LA révélation et, pour certains, voir naître le désir de faire de la musique.

C’est sur l’invitation d’un tout jeune groupe que la bande de Sid Vicious est venue se produire dans la ville.
Pete Shelley et Howard Devoto, les membres fondateurs des Buzzcocks, après avoir lu un article élogieux dans NME, avaient pris le train pour voir le phénomène sur scène, à Londres.

Dans la petite salle mancunienne, une assistance composée de noms légendaires : John Strummer qui acceptera de quitter son « groupe de merde » (selon les mots de Jones et Simonon) de Pub Rock devant la prestation des Sex Pistols et rejoindra les Clash.

Dans la salle, on retrouvera également Peter Hook et Bernard Summer, deux amis d’enfances qui se rendent séparément au concert mais décident de fonder Warsaw, à la sortie. Warsaw qui deviendra Joy Division puis New Order.

Une postérité

De nombreux groupes se formeront à l’issu de ce concert, plus ou moins éphémères.

Si on ne peut pas réellement savoir si, sans ce concert, ces mêmes groupes ne se seraient pas tout de même formé, il n’en reste qu’il marque un tournant dans l’histoire du Rock.

Il marque le point culminant de la première vague du mouvement punk et annonce la deuxième vague. Il ouvre aussi la voie à un nouveau genre musical, dérivé, plus travaillé, plus mélodieux : le Post Punk va bientôt naître.

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